Différence LDD et Livret A : comparatif complet des plafonds, taux et cumul
Le LDDS et le Livret A rémunèrent pareil mais plafonnent différemment, et cumulables.
- Le Livret A plafonne à 22 950 €, contre 12 000 € pour le LDDS.
- Le cumul des deux atteint 34 950 € par personne.
- Les taux sont strictement identiques, alignés par décret.
- Seuls les versements comptent : les intérêts capitalisés peuvent dépasser le plafond.
- Le LDDS exige d’être majeur et domicilié fiscalement en France.
Comparatif des plafonds entre Livret A et LDDS
| Livret | Plafond de versement | Plafond cumulé par personne | Détenteur type |
|---|---|---|---|
| Livret A | 22 950 € | 22 950 € | Tout public, même mineur |
| LDDS | 12 000 € | 34 950 € avec Livret A | Majeur, domicilié fiscalement en France |
Un plafond de versement plus généreux sur le Livret A
Le Livret A autorise un encours maximum de 22 950 €, contre 12 000 € pour le LDDS. L’écart entre les deux plafonds atteint donc 10 950 €, soit près du double pour le Livret A. Cette différence s’explique par l’ancienneté du produit : le Livret A existe depuis 1818, bien avant la création du Codevi en 1983.
Point important : ces plafonds concernent uniquement les versements. Les intérêts capitalisés peuvent faire dépasser le plafond sans que cela constitue une anomalie. Un Livret A rempli à 22 950 € reste donc conforme même si son solde affiché grimpe à 24 000 € après plusieurs années de rémunération.
Un cumul qui porte le plafond global à 34 950 €
Détenir les deux livrets permet d’atteindre un plafond cumulé de 34 950 € par personne et jusqu’à 69 900 € pour un couple. Ce cumul est parfaitement légal et même encouragé : il suffit de détenir un seul Livret A et un seul LDDS, jamais deux exemplaires du même produit. Dans la pratique, la plupart des épargnants remplissent d’abord le Livret A, plus souple, avant d’ouvrir un LDDS pour continuer à placer de l’argent à taux égal.
Autre nuance : le Livret A est accessible dès la naissance, tandis que le LDDS exige d’être majeur et fiscalement domicilié en France. Un mineur ne peut donc cumuler les deux, son plafond restant bloqué à 22 950 €.
Comparaison des taux et de la rémunération

Le taux du Livret A et celui du LDDS sont strictement identiques, car ils sont alignés par décret. Impossible donc de jouer sur la rémunération pour départager les deux supports : la seule vraie variable, c’est le montant que vous pouvez y déposer.
| Période | Taux Livret A | Taux LDDS | Intérêts Livret A plein | Intérêts LDDS plein |
|---|---|---|---|---|
| Début de cycle | 3 % | 3 % | 688 € | 360 € |
| Palier intermédiaire | 2,4 % | 2,4 % | 551 € | 288 € |
| Revalorisation | 1,70 % | 1,70 % | 390 € | 204 € |
| Taux en vigueur | 1,5 % | 1,5 % | 344 € | 180 € |
Concrètement, un LDDS rempli à 12 000 € rapporte environ 204 € par an au taux de 1,70 %, contre 390 € pour un Livret A plein à 22 950 €. L’écart de rémunération vient donc uniquement du plafond plus élevé du Livret A, pas d’un taux plus avantageux.
Autre atout commun : les intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. C’est ce qui rend ces deux livrets imbattables pour une épargne de précaution, même lorsque les taux baissent.
Depuis février 2026, les deux produits sont servis au même taux de 1,5 %, après 3 %, puis 2,4 %, puis 1,70 %. Cette trajectoire baissière rappelle une règle simple : ces livrets sont réglementés, donc leur rendement évolue avec l’inflation et les décisions de la Banque de France. Pour comparer avec un placement plus rémunérateur mais risqué, gardez en tête qu’aucun autre support défiscalisé ne combine cette liquidité et cette sécurité.
Peut-on cumuler Livret A et LDDS ?
Quand les taux des livrets réglementés baissent, se tourner vers une alternative au livret A devient pertinent : le LEP, réservé aux revenus modestes, sert 2,5 %, et l’assurance-vie en fonds euros offre un capital garanti avec une fiscalité allégée après huit ans.
Oui, le cumul d’un Livret A et d’un LDDS est parfaitement autorisé, et même encouragé pour qui souhaite placer davantage sans changer de support. La seule règle à retenir : un seul exemplaire de chaque livret par personne. Impossible donc d’ouvrir deux Livret A ou deux LDDS à son nom.
Un seul Livret A et un seul LDDS par personne
- Un Livret A maximum : par titulaire, sans exception
- Un LDDS maximum : réservé aux majeurs fiscalement domiciliés en France
- Couple jusqu’à 34 950 euros chacun : soit 69 900 euros de capacité cumulée
Stratégie de remplissage entre les deux livrets
La logique la plus efficace consiste à saturer d’abord le Livret A, dont le plafond de 22 950 euros est près du double de celui du LDDS. Une fois ce premier palier atteint, le LDDS offre jusqu’à 12 000 euros supplémentaires de placement rémunéré.
Cette progression permet de viser un cumul maximal de 34 950 euros par personne, sans jamais laisser dormir d’argent sur un compte courant. L’épargne de précaution, idéalement 3 à 6 mois de dépenses courantes, trouve naturellement sa place dans ces deux enveloppes avant tout autre investissement.
Quel livret choisir selon son profil
Scénarios d’épargnants et livret recommandé
- Épargne de précaution : privilégiez le Livret A pour sa disponibilité et son plafond supérieur
- Épargne responsable : ouvrez le LDDS une fois le Livret A bien rempli
- Livret A déjà plein : le LDDS devient la suite logique de votre épargne réglementée
Le Livret A reste le premier réflexe pour constituer une réserve de sécurité. Son plafond de 22 950 € permet de couvrir les 3 à 6 mois de dépenses courantes recommandés sans difficulté. Sa disponibilité immédiate et son ouverture possible dès la naissance en font le socle de toute épargne de précaution.
Une fois le Livret A rempli, le LDDS prend le relais. Son plafond de 12 000 € offre un second compartiment, rémunéré au même taux et exonéré d’impôts comme de prélèvements sociaux. À plein, il génère environ 204 € d’intérêts annuels contre 390 € pour un Livret A saturé.
Cas particuliers à arbitrer
Si vous ne pouvez ouvrir qu’un seul produit, le choix est simple : le Livret A reste accessible à tous, y compris aux mineurs et aux associations, tandis que le LDDS exige d’être majeur et fiscalement domicilié en France. Un jeune actif qui débute n’a donc aucune raison de se priver du Livret A en premier.
Autre arbitrage : l’orientation solidaire. Une partie des fonds du LDDS finance l’économie sociale et solidaire ou les PME, là où le Livret A alimente principalement le logement social via la Caisse des Dépôts. Si cette dimension compte pour vous, ouvrir un LDDS même avec un Livret A partiellement rempli peut se justifier, à condition de garder un versement initial d’environ 10 € et de respecter la règle des quinzaines pour ne pas perdre d’intérêts.
Conditions d’ouverture et éligibilité au LDDS
- Livret A dès la naissance : ouvert sans condition d’âge, y compris pour un mineur.
- LDDS majeur domicilié en France : il faut être majeur et avoir son domicile fiscal en France.
- Versement initial environ 10 euros : la plupart des banques demandent ce minimum à l’ouverture d’un LDDS.
- Deux LDDS maximum par foyer : un par contribuable, soit deux au sein d’un même couple marié ou pacsé.
- Livret A accessible associations et HLM : certaines structures peuvent aussi en ouvrir un.
Le Livret A, accessible à tous et à tout âge
Le Livret A est le livret le plus largement ouvert en France, avec près de 80 % des Français qui en possèdent un. Il ne connaît aucune condition d’âge ni de nationalité : un parent peut l’ouvrir au nom d’un enfant dès la naissance, un majeur peut le faire en quelques minutes, et même les associations ou les organismes HLM y ont accès. C’est le seul livret d’épargne réglementée dont l’ouverture est aussi universelle.
Le LDDS, réservé aux majeurs fiscalement domiciliés en France
Le LDDS obéit à des règles plus strictes. Il est réservé aux personnes majeures et fiscalement domiciliées en France. Concrètement, un mineur ne peut pas en ouvrir, et un non-résident fiscal en est exclu. Chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul LDDS, ce qui plafonne le foyer à deux LDDS au maximum (un par conjoint ou partenaire de Pacs).
La plupart des banques réclament un versement initial d’environ 10 euros à l’ouverture, autant dire une formalité. Une fois ces conditions remplies, le LDDS se pilote exactement comme un Livret A : virements, retraits et consultation en ligne.
LDD, LDDS et Codevi : comprendre les appellations
Le Codevi voit le jour en 1983 avec un plafond alors fixé à 4 600 €. Il devient le LDD (livret de développement durable) en janvier 2007, avec un plafond porté à 6 000 € dès cette même année. Puis la loi Pacte du 22 mai 2019, via son article 72, le rebaptise LDDS, pour livret de développement durable et solidaire.
Aujourd’hui, LDD et LDDS désignent donc exactement le même produit. Seule l’appellation a évolué pour intégrer la dimension solidaire, matérialisée par le second « S ». Le terme Codevi, lui, n’existe plus administrativement depuis 2007.
Cette succession de noms explique une confusion fréquente : certains épargnants cherchent encore un « LDD » en agence ou sur les comparateurs, alors que les banques ne proposent plus que des LDDS. Si vous entendez parler de ces trois appellations, retenez qu’il s’agit toujours du même livret réglementé, avec un plafond de 12 000 € et un taux identique à celui du Livret A.
Règle des quinzaines et optimisation des intérêts
Les intérêts d’un Livret A ou d’un LDDS ne courent pas dès le jour de votre versement. Ils sont calculés par périodes de quinzaines, et cette mécanique change tout sur le rendement final.
L’année est découpée en 24 quinzaines : la première va du 1er au 15, la seconde du 16 au dernier jour du mois. Votre argent ne produit des intérêts qu’à partir du premier jour de la quinzaine qui suit l’opération.
- Verser le 1er ou le 16 : la quinzaine complète est valorisée.
- Retirer le 15 ou le 30/31 : la quinzaine en cours reste acquise.
- Éviter un versement le 14 : la quinzaine est perdue d’avance.
- Capitalisation chaque 31 décembre : les intérêts s’ajoutent au capital.
Un exemple concret : verser 10 000 € le 14 du mois revient à laisser dormir cette somme sans rémunération pendant deux semaines, alors qu’un versement le 16 la fait travailler immédiatement. Sur une année, bien caler ses dépôts peut représenter plusieurs dizaines d’euros de différence.
Pour un LDDS rempli à 12 000 €, le rendement annuel tourne autour de 204 €. Sur un Livret A plein à 22 950 €, comptez près de 390 €. Ces montants supposent un capital stable sur l’ensemble des quinzaines. Un retrait mal placé, même de quelques jours, réduit directement la facture.
La bonne habitude est simple : programmez vos virements aux alentours du 1er et du 16, et gardez vos retraits pour les 15 ou fins de mois. Vos intérêts sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, ce qui rend chaque quinzaine gagnée d’autant plus utile.
